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L'invraisemblable et chaotique passage de la Frontière entre l'Equateur et la Colombie.

  • Photo du rédacteur: Deux Bretons
    Deux Bretons
  • 6 févr. 2018
  • 6 min de lecture

Et oui, le voyage c'est aussi des galères, vivre des moments totalement fous et bien loin de notre zone de confort. Pour le coup nous venons de vivre 24 heures totalement folles pour passer la frontière colombienne, nous voulions aussi vous partager ce moment qui nous fera certainement encore sourire très longtemps. Car le voyage ce n'est pas seulement superposition de magnifiques paysages mais aussi vivre des expériences (dont nous aurions pu nous passer) qui font de ce voyage une vraie aventure des plus enrichissante.

Samedi 3 Février 2018 :

7h : Nous nous réveillons à Otavalo au nord de l'Equateur, après une semaine immobilisés par la grippe dans un pays qui subit une épidémie de grippe H1N1, pas très rassurant tout ça, ahah ! Bon, ça faisait déjà deux /trois jours qu'on retardait notre départ pour la Colombie, avec une fièvre et un sale état persistant pour nous deux, on commençait à en avoir ras-le-bol de rester sans rien faire. Après une dernière nuit de fièvre pour Maxime, on se lève motivés pour enfin partir direction la Colombie. Notre objectif du jour, prendre un bus pour Tulcán, à 3h de bus d'Otavalo, puis passer la frontière et rejoindre Ipiales ville frontalière coté Colombien, finalement prendre un dernier bus pour Cali ! ( Le dernier étant à 21h on avait quand même de la marge.)

8h : On décampe, direction le terminal de bus d'Otavalo. A notre arrivé mauvaise surprise, pas de bus en direction de Tulcán. Tant pis, on prend un taxi pour nous amener à un arrêt de bus le long de la route Panaméricaine où de nombreux bus en provenance de Quito prennent aussi la direction de Tulcán.

8h30 : Nous n'attendrons que quelques minutes avant qu'un bus s'arrête, c'est parti pour 3h de route !

Encore très fatigués de notre grippe, nous en profitons pour nous reposer, une bonne sieste est nécessaire. On s'attendait déjà à attendre de nombreuses heures à la frontière Colombienne, connaissant la situation du Venezuela où de nombreux migrants fuient leur propre pays qui est en pleine pénurie et où le gouvernement glisse progressivement vers une dictature.

11h30 : Nous arrivons au Terminal de bus de Tulcán, où l'on peut déjà apercevoir quelques migrants Vénézuéliens attendant leur bus pour Quito la capitale, ou encore, vers le Pérou ou le Chili, en quête d'un monde meilleur... Nous ne perdons pas de temps, juste un moment le temps de manger un petit bout et direction la frontière en taxi à quelques kilomètres de là.

12h : Dès notre arrivée au poste de frontière, on reste sur le c*l ! On savait qu'il y aurait du monde mais alors là.. ! Ce sont des milliers de Vénézuéliens avec d'énormes valises entassées et formant une file de presque deux fois le tour du poste de douane. On comprend très vite qu'il aurait fallu attendre plus d'une journée pour passer la frontière. Et encore, nous ne pouvions pas voir l'autre file du poste de frontière du coté Colombien. On commence alors à tourner autour du poste de douane en réfléchissant à une autre solution. Nous essayons alors de discuter avec les policiers et douaniers gérant l'interminable file: aucune distinction entre migrants et touristes ne sera faite, seuls les résidents Equatoriens passent eux en priorité.

Cette photo ne vient pas de nous mais est très représentative de ce qu'on a pu voir et à été prise à la frontière entre la Colombie et l'Equateur... A savoir, que les pays d'Amérique Latine sont assez accueillants envers les Vénézuéliens, nous avons pu demander par exemple aux Equatoriens et Chiliens leur avis sur la situation : conscient que l'immigration n'est pas forcément une bonne chose pour leur pays, à leurs yeux cela reste des frères et ils ne peuvent pas les laisser comme ça, "ce serait inhumain" ! Malgré l'afflux des migrants, la Colombie, par exemple, se mobilise pour approvisionner le Venezuela en nourriture et en médicaments. Les hôpitaux Colombiens soignent et vaccinent également gratuitement les Vénézuéliens. Quand on pense à notre vieille mentalité Française ça fait réfléchir non ? Certains devrait sortir de chez eux ...

13h : La file n'avançant pas, on ne voit pas d'autres solutions que de retourner à Tulcán.. Passer la nuit à la frontière c'était inconcevable pour nous. On s'imaginait déjà prendre un bus pour Quito et prendre un avion pour la Colombie... Une belle perte de temps et d'argent pour le coup. De retour à la case départ, au Terminal de bus de Tulcán complétement dépités. Une énorme file c'était formée attendant des bus pour le sud. On rencontre alors deux Françaises revenant de Colombie et prenant un bus pour Quito. On leur demande combien de temps elles avaient attendu à la frontière, elles nous racontent en quelques mots qu'elles ont passé la frontière à 35km de là, dans un petit village reculé. "Aucune attente, super sécu ect.." On hésite pas une seconde, c'est peut être le destin.

C'est partit, on attrape un petit combi pour Tufiño, la fameuse frontière tranquille et facile et que personne ne connaît.

13h45 : Nous arrivons à Tufiño, un petit village de campagne avec une église et rien d'autre. Devant la frontière ( un minuscule pont en guise de frontière ) un policier Equatorien nous redirige vers le village, le poste d'immigration est à coté de l'église. Manque de chance, celui-ci était fermé ou en tout cas le douanier était en pause déjeuner. Nous attendons donc patiemment son retour.

14h15 : Le voilà. Rassurés, nous entrons dans son bureau (une photocopieuse et un ordinateur). Le poste de frontière le plus épique que l'on aura pu tester ahah. C'est bon, nous avons notre tampon de sortie de l'Equateur, ENFINNN !!

14h30 : Direction maintenant le poste de frontière Colombien de l'autre coté la frontière. Mais nous nous rendons compte que nous avons fait une belle connerie, nous n'avions pas échangé de Dollars en Pesos colombien. Et dans un petit village comme celui-ci ce n'était pas gagner d'avance. On retourne alors dans le village, nous demandons aux habitants si il est possible de faire du change ici, certains nous dirigent vers une petite boutique à l'opposé. C'était notre ultime chance, nous ne pouvions pas avancer sans pesos de l'autre coté de la frontière. On sonne, le monsieur de la boutique commence par nous dire : "Désolé, je ne pense pas avoir de pesos." il regarde quand même: " Ah si mais j'ai juste un billet de 50 000 pesos". BINGO, nous avions tout juste un billet de 20 dollars, exactement le compte !!

14h45 : La chance en notre faveur, nous retournons au poste de frontière colombien ou nous obtenons le tampon d'entrée en Colombie sans soucis.

C'est bon, à nous la Colombie ! Maintenant, il nous faut rejoindre Ipiales à 50 km de la frontière pour prendre notre bus pour Cali.

Première étape, rejoindre Chiles le village le plus proche de la frontière 2km plus loin. Avec nos gros sacs à dos et en pleine campagne, on entame cette petite marche le long de la route.

15h15 : A peine arrivé à Chiles, on demande aux quelques habitants dans la rue comment rejoindre Ipiales. On nous informe alors qu'il faut d'abord prendre une petite Camionetta pour Cumbal à mi chemin entre Chiles et Ipiales. Mais visiblement ce n'était pas vraiment l'heure et donc il n'est pas sûr qu'il y en ai encore à cette heure ci. Finalement de gentilles colombiennes se sont mobilisées pour nous trouver une camionnette. Nous voilà en route pour Cumbal avec comme compagnon de route: trois vieux messieurs complétement bourrés et très lourds. Nous étions 6 pour 5 places à l'intérieur. Quel aventure ahah.

16h15 : C'est bon, nous sommes à Cumbal, petite ville assez pauvre et on grimpe directement dans un combi pour Ipiales, nous attendrons un quart d'heure qu'il se remplit avant de prendre la route. La fin est proche, on commence à être vraiment fatigués mais soulagés surtout qu'il n'est pas tard et nous sommes tout prêt du but.

17h15 : Yeees, on est à Ipiales et même en avance sur le temps que l'on avait prévu. On se pose quelques heures dans le terminal de bus, prenons nos billets pour Cali et mangeons un vrai repas, c'est vrai qu'on en avait même oublié de manger.

19h : On est dans le bus, bien au chaud, ou pas , car dans les bus colombiens apparemment on roule avec la climatisation à fond. Heureusement nous avons prévu de gros pulls nous servant de couverture. Une nuit dans le bus ça faisait bien longtemps (en Equateur les trajets étant beaucoup moins long), en tout cas on va bien l'apprécier celle-ci !

Dimanche 4 Février :

6h : Bien arrivés à destination, Cali la capitale mondial de la salsa et la 7ème ville la plus dangereuse du monde nous servant d'escale pour atteindre la zona cafétéria Colombienne. Petit café pour nous réveiller et on prend un taxi pour une auberge de jeunesse que nous avions réservé dans le bus. Et oui il y'avait même la wifi dans le bus. Le taxi nous redéposera 100 mètres plus loin car il n'avait finalement pas envie de nous emmener. On aura tout vu ! Tant pis, le prochain taxi sera le bon et nous aurons même notre chambre à 8h du matin avec la bonne douche froide d'Amérique du sud qui va avec, ahah.

En tout cas, on a super hâte de découvrir la Colombie, ce pays dont tout les voyageurs en tombe amoureux. On aura bien mérité d'y être rentré en tout ahah

A suivre..

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